Christine (1983)


Évaluation: 77,5%

Date de sortie: 1983

Avec: Keith Gordon, John Stockwell et Alexandra Paul

Réalisation: John Carpenter

    Christine est une voiture. Une Plymouth Fury 1958 de couleur rouge. Malgré son abandon sur un terrain vague et son apparence négligée, elle attire l'attention d'un jeune étudiant en mécanique, Arnie Cunningham. À l'époque de sa sortie, du moins si je me fie à mon entourage, le film avait fait peur à plusieurs personnes, voire à le classer dans la catégorie horreur. Pour ma part, j'avais plutôt éprouvé de la fascination. Pour l'une des premières fois au grand écran, on traitait du sujet de l'intimidation scolaire. Et voilà que pour rendre justice à ce phénomène désolant, une voiture prend la défense de son jeune propriétaire, allant même jusqu'à éliminer un par un tous ceux qui lui ont fait du mal.

    Une scène impliquant la Plymonth Fury couverte de flammes, ainsi que d'autres prises de vu, suggèrent une certaine présence diabolique. Christine n'est pas commode. C'est un tueuse. Malheureusement, la fin n'est pas à l'image du début du film. On dirait que Carpenter ne savait plus comment terminer son scénario. Christine se retrouve coincé dans un garage, avec l'ami d'Arnie aux commandes d'un bulldozer et qui parvient à mettre la voiture diabolique hors d'état de nuire. La dernière image du film, d'ailleurs, on voit la Plymouth rouge qui a été compressée dans un bloque destiné pour la ferraille.

    L'histoire est clairement basé sur le roman du célèbre Stephen King, qui se passe de présentation. Il existe cependant plusieurs différences entre le livre et le film. Contrairement à la fin que Carpenter réserve à la méchante voiture, King a gardé Christine "en vie". À la fin de son livre, elle continue de sillonner, ou plutôt de hanter, les routes et autoroutes américaines. Sa chasse ne semblait pas terminé, ce qui a laissé entendre qu'on pouvait s'attendre à une suite qui, malheureusement, n'est jamais venue. Sur le Web, plusieurs fans du film aimeraient bien voir la suite. Certaines rumeurs ont d'ailleurs courues à cet effet, mais rien de concret ne s'est présenté au cinéphiles. Et pourtant, avec les avancés technologiques réalisés depuis 1983, on peut facilement imaginé que les effets spéciaux seraient époustouflants.



    Christine est devenu un film culte auprès des amateurs de voitures anciennes. J'en fait partie, quoique modestement. C'est nulle autre que Christine qui m'a fait rêver depuis ma jeunesse à restaurer une voiture qui aurait besoin d'amour. Car la relation entre Christine et Arnie en est une d'amour. Bien peu de gens on remarqué, à l'époque, que la fameuse scène désormais appelée "show me", disponible sur Youtube, reflète symboliquement l'amoureuse sexy qui danse uniquement pour les yeux de son amoureux. Dans cette scène, justement, Christine a été tabassé violemment par des voyous, si bien qu'Arnie ne sait plus par où commencer pour la remettre à neuf. Mais soudain, au son d'un carburateur qui se répare tout seul, Arnie s'éloigne dans le garage pour se mettre face à Christine. Et c'est là qu'il lui dit: "Ok. Show me" (Ok. Montre-moi). Sous les yeux de son amoureux, Christine se répare toute seule, jusqu'à redevenir le modèle de beauté qu'elle était à sa sortie de l'usine. Cette scène, c'est comme si elle dansait uniquement pour lui.

    Christine est une histoire assez unique pour le cinéma, et c'est ce qui fait son originalité, je pense. En 1977, on avait bien eu l'idée d'une voiture conduite par le diable et qui venait hanté ou plutôt traquer une petite communauté de l'Arizona, dans le film The Car, mais ce long métrage avait manqué d'intérêt.

    À l'époque de sa sortie, peut-être que le film a passé outre l'attention des critiques, mais je suis d'avis que, principalement en raison de son histoire, Christine a bien vieilli et mérite sa place parmi les classiques, à voir ou à revoir.

    Je m'en voudrais aussi de ne pas souligner la présence de la musique qui est un point marquant du scénario. Christine tourne en boucle des chansons de son époque. Les pièces choisies pour le film diffèrent un peu de celles auxquelles King faisait référence dans son livre, mais elles créent un atmosphère unique. On y retrouve de vieux succès de la fin des années 1950, dont Ritchie Valens et la non moins inquiétante Little Bitty Pretty One, jouée au moment où Christine attend patiemment sa première proie sous un viaduc. Et que dire de la célèbre pièce Bad to Bone, de George Thorogood, qui allait ensuite devenir légende.


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