Les Bootleggers (White Lightning) 1973


Évaluation: 27%

Date de sortie: 1973

Avec Burt Reynolds, Ned Beatty, Bo Hopkins et Jennifer Billingsley.

Réalisation: Joseph Sargant.

    Dans Les Bootleggers, Burt Reynolds incarne Croco McLoskey (Gator McLoskey en version originale), un petit trafiquant d’alcool incarcéré. Pour retrouver sa liberté, il accepte de collaborer avec les autorités fédérales afin de coincer le shérif Connors, un policier corrompu à la tête d’un vaste réseau de contrebande. Croco accepte le marché pour une raison personnelle : il soupçonne ce shérif d'avoir noyé son jeune frère.

Un scénario qui tourne en rond
    Une fois le protagoniste libéré, l'intrigue s’étire et s'égare dans une romance sans intérêt au cœur du milieu des contrebandiers du Sud. Le film multiplie les clins d'œil au stock-car, une discipline historiquement liée à l'alcool de contrebande aux États-Unis. Encore aujourd'hui, la NASCAR rappelle que sa série est née il y a un siècle, lorsque des conducteurs modifiaient des bolides pour semer la police et livrer leur alcool frelaté. Malheureusement, le film s’y perd et tourne en rond. Il faut attendre les dernières minutes pour revenir au moteur principal du récit : la vengeance.
Une réalisation datée et agaçante
    Bien que charmant pour son époque, le style de Burt Reynolds a mal vieilli. Son jeu est surfait, le scénario est plat et les scènes de bagarre frôlent le ridicule. Même la voiture du héros manque cruellement de panache : une Ford Custom 500 marron de 1971. C'est le comble de la fadeur, comme si le réalisateur avait volontairement accumulé les pires choix esthétiques.
    Un autre détail s'avère particulièrement irritant : pour illustrer la chaleur du Sud profond, les acteurs transpirent de façon outrancière à chaque plan. On devine trop facilement l'accessoiriste qui les asperge au vaporisateur avant le clap de début, ce qui brise complètement l'immersion. Les comptes se règlent finalement lors d'une poursuite automobile loin d'égaler celle de Bullitt. Le shérif corrompu y meurt noyé dans sa voiture de patrouille, subissant le même sort que le frère de McLoskey. Justice est faite, mais sans éclat.
Une suite injustifiée
    Contre toute attente, le film a droit à une suite trois ans plus tard, sobrement intitulée Gator. Le studio pensait visiblement que le personnage était devenu populaire, mais il n'en est rien : Gator reste un héros sans intérêt.
    Ces longs-métrages n'ont pas marqué mon enfance et j'en avais d'ailleurs perdu tout souvenir avant de les croiser sur Prime Video. Si Gator a permis à Reynolds de faire ses armes en tant que réalisateur, le cinéphile, lui, cherche d'abord une bonne histoire. Or, Les Bootleggers s'avère profondément ennuyeux.
L'embryon de la saga Bandit
    On peut toutefois sauver un aspect de ce diptyque : l'association entre Burt Reynolds et Bo Hopkins. Ce duo annonce les bases de la saga culte Smokey and the Bandit (Cours après moi shérif), lancée en 1977 avec sa rutilante Trans Am noire. Reynolds incarnera son personnage fétiche dans les deux premiers volets. Pour le troisième opus, Bo Hopkins prendra la relève après le refus de Reynolds, parti tourner dans Stroker Ace (Stroker Ace : Le Bolide), qui s'avérera être un immense échec commercial.

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