Un meurtre résolu 24 ans plus tard!

 

2000, 28 avril – Guylaine Potvin, 19 ans

Homicide sexuel – Strangulation – Viol

Saguenay, Jonquière, 3897 rue Panet – 1 SC

Marc-André Grenon, 47 ans (2022), prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Le 28 avril 2000, c’est dans le sous-sol d’une résidence pour étudiants, situé près du Cégep de Jonquière, à Saguenay, qu’on a retrouvé le corps de Guylaine Potvin, 19 ans. La jeune femme avait été étranglée, violée et battue dans son propre lit.[1] Guylaine a été identifiée par son amie Audrey St-Pierre. Selon le rapport du coroner Michel Miron, l’autopsie a été pratiquée par le Dr Claude Pothel au Laboratoire de sciences judiciaire et de médecine légale de Montréal. Le responsable de l’enquête était l’agent Pierre Lévesque de la police municipale de Jonquière.

Puisque les enquêteurs n’arrivaient pas à amasser suffisamment de preuve pour désigner un suspect, le rapport du coroner contient très peu d’information. L’affaire était destinée à demeurer non élucidée durant plus de 20 ans. Retenons au passage qu’il est plutôt rare, du moins au Québec, qu’un tueur qui ne connait pas sa victime s’introduise directement chez elle pour l’attaquer et surtout « réussir » à la violer. Pour cela, il doit donc se mettre en situation de risque, ce qui traduit, d’une certaine façon, son niveau de détermination.  

Selon un reportage de TVA diffusé une dizaine d’années plus tard[2], l’assassin de Guylaine a frappé à nouveau le 3 juillet, cette fois à Québec. Non seulement sa victime a été attaquée dans une chambre située, elle aussi, au sous-sol d’une résidence pour étudiants, mais la victime elle-même était âgée de 20 ans. Il l’a laissé pour morte, ce qui veut dire que pour lui, au moins pendant un instant, il a cru avoir assassiné deux personnes. Toutefois, la jeune femme a survécu à ses blessures.

Puisqu’elle a été agressée au moment où elle dormait, ses souvenirs demeuraient flous, ce qui n’a pas vraiment aidé à faire avancer l’enquête. Toutefois, la preuve ADN reliait les deux dossiers. De plus, l’assassin avait volé des bijoux de peu de valeur, probablement pour conserver des souvenirs de ses crimes. Notamment, il avait pris une bague à Saguenay et un bracelet à Québec.[3]

Le 12 octobre 2022, les médias annonçaient que les autorités venaient d’arrêter Marc-André Grenon, 47 ans, en lien avec le meurtre de Guylaine Potvin.

Le procès de Grenon s’est ouvert en janvier 2024. Ce fut l’occasion pour une spécialiste de remettre à jour les connaissances du public vis à vis de l’ADN. Elle a expliqué, entre autres, avoir trouvé l’ADN de Grenon un peu partout sur la scène de crime. Le procès a également permis de révéler l’existence de traces de morsure. Le 20 février 2024, après avoir délibéré durant une trentaine de minutes, le jury est revenu avec un verdict de culpabilité de meurtre au premier degré. Cela signifiait que, non seulement ils n’avaient pas cru la théorie de la défense, selon laquelle il s’agissait d’un vol qui avait mal tourné, mais que Grenon écopait automatiquement d’une peine d’emprisonnement à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant au moins 25 ans. Il aura donc 74 ans lorsqu’il aura le droit de demander une libération.



[1] Selon une information anonyme, l’ordre « étranglée, violée et battue » doit être soigneusement respecté puisqu’il y a présence de nécrophilie.

[3] Dr Michel Miron, « Rapport du coroner sur la mort de Guylaine Potvin », Rapport de coroner (Coroner, 30 mai 2000), Bureau du coroner du Québec.

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