Le meurtre de Crabtree

Gisèle Desjardins-Faust, en pleine discussion 
avec son avocat, Me Claude Filion.

 Le 16 novembre 1968, Michel Faust, un cultivateur de 41 ans, s’est mis au lit vers 23h15. Sa ferme se situait au 1281, rang de la Rivière-Rouge, à Crabtree, une petite localité près de Joliette. Il venait à peine de se glisser sous les draps que la porte de chambre s’est ouverte derrière lui. C’était Gisèle Desjardins-Faust, son épouse de 34 ans. Celle-ci tenait dans ses mains une carabine de calibre .22. Sans un mot, elle a épaulé l’arme et a tiré à trois reprises. Lorsque les deux premiers agents de police sont arrivés sur les lieux, Lemay et Turgeon, ils ont constaté la présence de sang dans la chambre. Michel Faust respirait toujours. On l’a transporté à l’hôpital Saint-Eusèbe de Joliette, mais il est décédé peu de temps après.

À l’agent Lemay, probablement poussée par la nervosité, Gisèle lui a confié d’emblée : « C’est moi qui l’ai tiré et j’espère que je ne l’ai pas manqué, parce que lui ne me manquera pas. » Et à Turgeon, elle a dit que son mari la battait. Malgré cela, la mère de famille a été arrêtée et accusée de meurtre.

Le procès s’est ouvert le 10 novembre 1969 à Joliette. Les agents Lemay et Turgeon ont raconté sous serment ce qu’ils avaient vu et entendu. Mais on a aussi appris que ces deux mêmes agents avaient été appelé à la résidence des Faust le 29 novembre 1967 pour répondre à une affaire de violence conjugale.

À un certain moment du procès, l’une des filles de l’accusée a donné un coup de poing à un psychiatre appelé comme témoin. C’est pourquoi le juge a dû placer des agents pour protéger les jurés au moment de la lecture du verdict. C’est aussi au cours du procès qu’on a appris pourquoi elle avait décidé de tuer son mari. Le journal Dimanche-Matin l’a expliqué ainsi : « [...] Me Claude Filion, avait tenté de faire valoir que Mme Faust était en position de légitime défense, qu’elle avait souffert d’une hallucination momentanée et que son mari l’avait provoquée en l’accablant de bêtises depuis plusieurs semaines, soit depuis la mort accidentelle de leur jeune fille Marielle. »[1]

Dans L’Action Populaire du 16 octobre 1968, on apprend que c’est le 9 octobre que Marielle est décédée à Crabtree. Elle avait 3 ans.

Finalement, Gisèle a été reconnue coupable d’homicide involontaire et le juge Bisson lui a imposé une sentence de 2 ans moins un jour. Évidemment, il a tenu compte du fait qu’elle était déjà été détenue depuis 13 mois. Le procureur de Mme Faust était Me Claude Filion, un tout nouvel avocat du bureau du célèbre criminaliste Me Raymond Daoust.

En décembre 1969, la Couronne a décidé d’en appeler de la sentence. La Cour d’appel a accepté de revoir le dossier. Malheureusement, les journaux ne semble pas avoir donné suite à l’affaire.



[1] Dimanche-Matin, 16 novembre 1969.

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