L'affaire Katherine Beaulieu

 

Katherine Beaulieu


Le 3 mai 2010, Katherine Beaulieu, une jeune femme de 21 ans qui étudiait en marketing à l’Université de Trois-Rivières, s’est rendu à la fête anniversaire d’une amie en fin d’après-midi. Un peu plus tard, elle a repris la route afin de rentrer chez elle. Il était donc 19h00 lorsqu’elle s’est retrouvée sur l’autoroute 55, en direction sud, vers Trois-Rivières. Alors qu’elle roulait à la hauteur du village de Saint-Étienne-des-Grès, une voiture est soudainement arrivée en sens inverse. Katherine n’a pu l’éviter et les deux véhicules se sont frappé de plein fouet. Katherine, qui était fille unique, est décédé sur place.

Le conducteur d’un camion qui la suivait a tout juste eu le temps de freiner pour éviter lui-même la collision. Par la suite, il s’est affairé à faire ralentir les autres véhicules qui arrivaient derrière lui.

La conductrice de la voiture qui a heurté de plein fouet celle de Katherine était toujours vivante. Irina Mysliakovskaia, 35 ans, souffrait cependant de multiples fractures, surtout aux jambes. Elle était fortement intoxiquée à l’alcool. De plus, la fatigue devait également faire partie de l’équation puisqu’elle était parti de son lieu de travail à Waswanipi pour rentrer directement à Sherbrooke. Elle se trouvait sur son lit d’hôpital lors de sa mise en accusation par le juge Pierre Verrette. Pendant ce temps, les témoignages de sympathie se multipliaient à l’endroit de Katherine, qui était très appréciée dans son entourage.

En 2013, le procès a duré trois semaines. La défense a plaidé la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. L’accusée ne gardait aucun souvenir de l’accident. Après la collision, elle a affirmé s’être senti déprimée, au point de consommer des antidépresseurs. Le 31 mai 2013, Irina a été reconnue coupable. Le jury composé de 11 jurés a mis plus de trois jours avant de se décider. En juillet 2013, elle a reçu une sentence de 4 ans de prison, en plus de lui interdire de conduire durant une période de 5 ans. Dans une lettre manuscrite envoyée à la famille Beaulieu, Irina a écrit: “je ne me pardonne pas et ne me pardonnerai jamais, car Katherine ne reviendra plus. J'admire votre famille, l’amour que vous portez envers Katherine vous unit tellement. [...] Je voulais vous demander le pardon de tout mon coeur.”

En mars 2015, Radio-Canada a annoncé la remise en liberté d’Irina. Sur une peine de 50 mois de prison, elle en aura finalement purgé qu’une douzaine. Lise Lebel, la mère de Katherine, a milité pour la cause de sa fille durant quelques années. En 2017, elle a confié qu’elle ne serait jamais satisfaite d’une quelconque sentence donnée à celle qui sera toujours responsable de la mort de sa fille. Plus de 7 ans après le drame, elle continuait de sensibiliser les jeunes sur les dangers de l’alcool au volant. Lise a aussi pris le temps de souligner que le système offrait moins de soutien pour la victime que pour la personne condamnée.

La fondation Katherine Beaulieu a été dissoute en 2022. Lise Lebel aurait néanmoins présenté plus de 130 conférences dans les écoles secondaires de la province.

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